Le violon
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Le violon est un instrument de musique à cordes frottées. Un violon est constitué de 71 éléments en bois (épicéa, érable, buis, ébène...) collés ou assemblés les uns aux autres. Il possède quatre cordes accordées à la quinte, que l'on frotte avec un archet (sauf pour le pizzicato). La famille du violon inclut également l'alto, le violoncelle et la contrebasse ; le violon est le plus petit de ces instruments et celui offrant la tessiture la plus aiguë.

Histoire

Le violon n'a pas été créé ex nihilo un beau matin de décembre 1523. Il est le fruit d'une longue recherche empirique, remontant aux premiers instruments à cordes, tel le rebab introduit en Espagne par les Maures au VIIIe siècle. On ne peut qu'admirer la science empirique des artisans du Moyen Âge et plus tard de la Renaissance qui, par amour de l'Art et du travail bien fait, ont atteint un équilibre parfait entre des formes et des sonorités. À partir du rebab primitif, on développa progressivement différents instruments de la famille du rebec, qui présentait entre trois et six cordes : le rebec, la gigue, plus petite, le rubebe, plus grand ou encore le monocorde. De cette époque, il ne subsiste aucun instrument : seuls les textes anciens, comme celui de Guillaume de Moravie, et l'iconographie médiévale, sculptée ou peinte, nous renseignent. La vièle à archet des trouvères et des troubadours donna bientôt naissance à la viole, instrument de cinq à sept cordes.

Le violon est apparu en Italie, dans la première moitié du XVIe siècle, vraisemblablement avant 1530. Il semble être issu de deux instruments à archet, courant au Moyen Âge, la vièle et le rebec. De nombreux instruments, dont la viole de bras et la lyre de bras, évoluèrent à partir de ces ancêtres communs. Le violon est à la fois apparenté à la viole de bras, ou viola da braccio, et à la lyre de bras, ou lira da braccio. La viola da braccio aux formes arrondies et aux ouies en "C " possède de quatre à six cordes. La lira da braccio, dont le corps ressemble à la caisse du violon et s'orne d'ouies en " F ", possède cinq cordes mélodiques et deux bourdons. La famille des violes, instrument généralement à six cordes, muni de frettes, est apparue en Europe avant la famille du violon. Les violes de bras et les violes de gambe cohabitèrent avec les violons, alto et autres violoncelles pendant près de deux siècles avant de disparaître, au début du XVIIIe siècle.

Les premiers violons de forme actuelle apparaissent dans le premier quart du XVIe siècle en Italie, mais les plus anciens instruments conservés ne datent que de la fin du XVIe siècle. Les documents écrits et l'iconographie nous confirme cependant l'existence du violon dès les années 1520. Le registre de l'année 1523 de la Trésorerie générale de Savoie, ou un retable de Gaudenzio Ferrari de 1529, nous renseignent à ce sujet. Le retable de Ferrari (c.1475-c.1546), la Madone des orangers de l'église Saint-Christophe de Verceil, nous montre un ange tenant un archet et un violon formellement reconnaissable.

La coupole de la cathédrale de Saronno, peinte également par Ferrari en 1535, nous montre tous les instruments de la famille du violon, violon, alto et violoncelle, jouant en concert, preuve de la maturité technique de l'instrument. A partir de cette époque, le terme " violon " désigne bien l'instrument que nous connaissons.

Entre le violon signé Linardo de 1581 et les violons d'aujourd'hui, les différences sont peu importantes. On a modifié de quelques millimètres la longueur, d'un ou deux millimètres l'épaisseur, c'est peu ! Cette évolution s'explique moins par le conservatisme des facteurs de violon que par l'équilibre formel atteint par l'instrument dès le XVIe siècle. Sur le plan acoustique, toute innovation s'est avérée inefficace. Ainsi, la forme, les dimensions, la masse, la structure et l'assemblage du violon sont restés inchangés depuis Antonio Stradivari (1644-1737).

Entre le violon d'Andrea Amati de 1570 et les violons d'aujourd'hui, les différences sont peu importantes. On a modifié de quelques millimètres la longueur, d'un ou deux millimètres l'épaisseur, c'est peu ! Cette évolution s'explique moins par le conservatisme des facteurs de violon que par l'équilibre formel atteint par l'instrument dès le XVIe siècle. Sur le plan acoustique, toute innovation s'est avérée inefficace. Ainsi, la forme, les dimensions, la masse, la structure et l'assemblage du violon sont restés inchangés depuis Antonio Stradivari (1644-1737).

Ce sont les Italiens qui ont donné au violon ses lettres de noblesse, en faisant de lui l'instrument de prédilection des opéras et bien sûr des sonates. Sa suprématie dans la musique occidentale s'est alors affirmée et s'est maintenue sans défaillance pendant près de trois siècles.

En France, le violon ne s'est imposé à l'orchestre que dans les années 1660, grâce à Lully (1632-1687). Utilisé originellement pour l'accompagnement de danses ou de chants à deux voix, le violon fut d'abord considéré comme un instrument populaire, propre aux " mômeries et autres danseries ". La sonorité du violon, plus riche, plus brillante que celle des violes en usage aux XVIe et XVIIe siècles, est à la fois la cause de son succès et de la méfiance dont il a été longtemps l'objet de la part des musiciens en Europe. " Nous appelons violes celles desquelles les Gentilhommes, Marchantz et autres gens de Vertuz passent leur temps...et le violon... pour conduire quelques noces ou mômeries " pouvait écrire Philibert Jambe de Fer en 1556. C'est donc en tant qu'instrument à danser que le violon s'introduit au XVIe siècle à la Cour de France.

Dès le début du XVIIe siècle, il acquiert ses lettres de noblesse en Italie, grâce à des opéras tels que l'Orfeo (1607) de Claudio Monteverdi (1567-1643), ou grâce à des formations de violons renommées, comme les Vingt-Quatre Violons du roi de France Louis XIII. A partir de la fin du XVIIe siècle, le violon devient l'instrument roi des principaux genres musicaux de l'époque : solo concerto (pièce de concert pour violon seul), concerto grosso, sonata, trio sonata et suite, ainsi que dans l'opéra. A partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, accompagnant l'essor de la musique classique européenne, le violon devient l'instruments solistes par excellence, place qu'il disputera ensuite au piano durant tout le XIXe siècle. A cette époque, les violons formèrent progressivement la section principale de l'orchestre, devenant de fait la partie instrumentale la plus important des formations classiques. Dans l'orchestre occidental contemporain, la famille des violons représente encore plus de la moitié des musiciens.

Jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, le violon se jouait de manière assez libre. Sa place sous le menton ne s'est établie que peu à peu. Depuis le début du XIXe siècle, on maintient le violon entre l'épaule gauche et le menton grâce à une mentonnière fixée à la caisse, à côté du cordier, et à un coussin amovible. Cette position permet de jouer librement sur la touche avec la main gauche et avec l'archet, de la main droite. Lorsque l'on frotte l'archet sur les cordes, à côté du chevalet, elles vibrent plus ou moins, émettant un son propre à chaque corde. Les cordes à vide, jouées sans poser les doigts de la main gauche, étaient plus volontiers utilisées à l'époque baroque. Aujourd'hui, le pouce de la main gauche ne sert plus que de soutien au violon ; quatre doigts suffisent donc pour jouer, dans une position recourbée qui les fait travailler à l'envers. Sur les violons baroques, au manche droit et court, la position était donc plus aisée. Les doigts de la main gauche doivent calibrer la note, lui donner un son brillant, aujourd'hui par l'incontournable vibrato, hier par toute une gamme d'ornements. On obtient des sons de hauteurs différentes en plaçant les doigts de la main gauche sur les cordes que l'on frotte simultanément avec l'archet. En appuyant les cordes contre la touche, on fait varier leur longueur vibrante, donc la hauteur du son. La touche étant plus courte à l'époque baroque, le jeu était naturellement plus limité. La main droite, elle, reste immobilisée par le maniement de l'archet. Convexe et court à l'époque baroque, l'archet n'ayant pris sa forme définitive qu'au milieu du XVIIIe siècle avec François Tourte, son maniement permettait des mouvements plus souples et plus rapides.

 

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